Qu’est-ce que la puncture sèche – dry needling ?

Qu’est-ce que la puncture sèche – dry needling ?



 

SYNDROME DE DOULEUR MYOFASCIALE ET TRIGGER POINTS

La douleur musculo-squelettique a une prévalence très élevée dans la population active des pays développés ainsi que dans le milieu sportif.

La présence de cette affection a un impact négatif sur la qualité de vie, la perte de productivité, l’incapacité de travail et les coûts de santé ce qui justifie une prise en charge thérapeutique adéquate et précoce, ainsi que la nécessité de mettre en place des mesures préventives.

Parmi les douleurs musculo-squelettiques le Syndrome de Douleur Myofasciale est l’entité la plus fréquente avec une prévalence de 21 à 30% dans la population générale.

Le Syndrome de Douleur Myofasciale se présente comme un ensemble de symptômes sensoriels, moteurs et autonomes provoqués par un ou plusieurs Trigger Points Myofasciaux.

Les Trigger Points Myofasciaux sont définis comme des nodules hyperirritables situés dans des bandes tendues qui se trouvent dans des muscles et qui peuvent provoquer une douleur spontanée locale et/ou propagée mais également des troubles moteurs tels que faiblesse, inhibition, restriction de l’amplitude articulaire, déséquilibres musculaires et altération des schémas moteurs qui peuvent perturber le mouvement physiologique, le geste et la performance sportive.

PUNCTURE SÈCHE / DRY NEEDLING

La Puncture Sèche, également connue sous le nom de Dry Needling, de stimulation intramusculaire manuelle ou puncture intramusculaire, est une technique de physiothérapie invasive utilisée pour le traitement de la douleur musculo-squelettique et plus spécifiquement du Syndrome de Douleur Myofasciale.

L’American Physical Therapy Association (APTA) définit la Puncture sèche comme «une intervention qui utilise une aiguille filiforme pour pénétrer dans la peau et stimuler les Trigger Points, le muscle et le tissu conjonctif avec le but de traiter la douleur neuro-musculo-squelettique et les troubles du mouvement». La Puncture Sèche est considéré comme un traitement sûr et efficace avec un faible risque d’effets indésirables si elle est effectuée par un professionnel qualifié. 

Il existe des preuves que le milieu biochimique d’un Trigger Point présente un pH acide, ainsi qu’une concentration élevée de substance P (SP), peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), bradykinine, sérotonine, noradrénaline, facteur de nécrose tumorale alpha et d’interleukines-1β, 6 et 8 favorisant l’activation des nocicepteurs et le maintien de la sensibilisation centrale. De manière surprenante, l’obtention de secousses musculaires (Local Twitch Response) avec la Puncture Sèche diminue significativement la concentration des substances nociceptives et inflammatoires et atténue l’activité électrique spontanée caractéristique des Trigger Points.

Les secousses musculaires sont des contractions rapides de fibres musculaires mediées par un réflexe médullaire lorsque des terminaisons nociceptives à proximité d’un Trigger Point sont stimulées mécaniquement par une aiguille de Puncture Sèche.

Cependant, il y a une certaine controverse sur la nécessité d’obtenir une secousse musculaire pour améliorer la douleur.  

MÉCANISMES D’ACTION DE LA PUNCTURE SÈCHE

Les mécanismes analgésiques de la Puncture Sèche ne sont pas connus avec précision, il semble que le système nerveux central et périphérique jouent un rôle fondamental.

Il a été démontré que la Puncture Sèche d’un Trigger Point du muscle infra-épineux avait un effet d’inhibition segmentaire médiée par un système de gate control au niveau de la corne postérieure de la moelle, ce qui expliquerait entre autre les effets diffus observés avec la Puncture Sèche.

Au niveau supra-médullaire la Puncture Sèche pourrait réactiver des noyeaux comme la Substance Grise Périaqueductale et le noyeaux Raphé qui sont très importants pour la modulation de la douleur.

Localement, il a été prouvé que la Punction Sèche dans le muscle du rat provoquait une lésion du muscle et du tissu nerveux, accompagnées d’une réaction inflammatoire et à posteriori d’une régénération des tissus neuromusculaires.

Ce processus pourrait rétablir le fonctionnement normal de la jonction neuromusculaire, en éliminant l’ischémie localisée ainsi que les substances nociceptives présentes dans le milieu du Trigger Point diminuant ainsi l’influx nociceptif vers la moelle épinière.

 

Détail de la formation

 

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