Traitement par ondes de choc extracorporelles versus injection des trigger points dans le traitement du syndrome de la douleur myofasciale du carre des lombes

Traitement par ondes de choc extracorporelles versus injection des trigger points dans le traitement du syndrome de la douleur myofasciale du carre des lombes

INTRODUCTION

Le Syndrome de Douleur Myofasciale (SDM) des muscles stabilisateurs du rachis est l’une des causes les plus fréquentes de lombalgies chroniques. Parmi ces muscles, le carré des lombes présente fréquemment des Trigger Points.

Le SDM est une cause fréquente de douleur et de dysfonction musculo-squelettique et représente 20% à 95% des consultations dans les centres de traitement de la douleur.

Le principal objectif du traitement du SDM est de rompre le cercle vicieux de la douleur à travers l’élimination des Trigger Points.

La thérapie par ondes de choc extracorporelles (TODCE) a progressé en tant que traitement alternatif pour le SDM chez les patients présentant des symptômes persistants après le traitement conservateur traditionnel.

Les mécanismes d’action des ODC ne sont pas connus avec exactitude mais ils existent des hypothèses suggérant qu’il existe une transduction d’un signal d’ODC en un signal biologique entraînant la prolifération et / ou la différenciation cellulaire via un processus de mécano-transduction. Les avantages des ODC comprennent principalement son caractère non invasif et ses effets secondaires minimes.

Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité clinique de la TODCE pour le SDM dans le QL. Notre évaluation a comparé les indices de douleur et d’incapacité entre deux groupes de sujets : les patients traités par TODCE et les patients traités par Injection du Trigger Point (ITP).

 

OBJECTIF
  • Évaluer l’efficacité des ODC dans le traitement du SDM du carré des lombes

 

METHODES

Participants

30 patients ont été inclus, présentant une lombalgie de plus de 3 mois dû à un SDM du carré des lombes diagnostiqués selon les critères de Simons, Mense et Vecchiet.

Les patients présentant d’autres pathologies lombaires, telles que la sténose spinale, tumeur spinale, hernie discale, spondylolisthésis, instabilité vertébrale, radiculopathie  et myélopathie ont été exclus.

Les sujets présentant les caractéristiques suivantes ont été également exclus :

  antécédents de traitement par ODC ou de chirurgie de la colonne lombaire;

  déficits neurologiques touchant les membres inférieurs;

  maladie cardiovasculaire;

  arthrite inflammatoire;

  infection locale;

  arythmie cardiaque;

  pacemaker cardiaque;

  et grossesse.

Protocole

Sur les 30 patients :

  15 ont reçu un traitement par ODC

  et les 15 autres une injection des Trigger Points du carré des lombes.

 

Tous les patients ont réalisé un traitement conservateur à base d’antalgiques, repos et exercices thérapeutiques.

Le traitement par ODC a été appliqué sur le point le plus sensible du muscle carré des lombes, avec 2000 ODC par séance avec une intensité de 0,085 à 0,148 mJ/mm².

Cette procédure a été réalisé trois fois au total, à trois jours d’intervalle.

L’injection des Trigger Points a été également réalisée trois fois au total, à trois jours d’intervalle.

Pour les deux traitements la localisation du carré des lombes a été faite sous échographie.

Évaluation

L’intensité de la douleur a été mesuré par une échelle visuelle analogique (EVA ; 0-10) et par le seuil de douleur à la pression (PPT) sur le muscles carré des lombes à l’aide d’un algométre.

L’évaluation du handicap à été faite par l’Oswestry Disability Index (ODI) , Roles and Maudsley (RM) score et la Back Pain Disability Scale (QBS).

L’évaluation a été faite avant le traitement, immédiatement après et un moins après le traitement.

 

RESULTATS

  Les résultats (Fig. 1) révélaient des différences statistiquement significatives pour toutes les variables dans les deux groupes immédiatement après et un mois après les traitements.


   Il n’y a pas eu de différences statistiquement significatives après le traitement entre le groupe ODC et le groupe Injection pour le handicap mesuré avec l’ODI, score de RM et le QBS.

   Il existe des différences statistiquement significatives en faveur des ODC par rapport à l’injection pour l’EVA et le PPT.

 

CONCLUSION

Le traitement d’ODC pour le SDM du carré des lombes a entraîné une réduction de la douleur significativement plus importante par rapport à l’injection des Trigger Points, ce qui démontre peut-être que ce traitement non invasif est efficace pour les patients présentant un SDM du carré des lombes.

Le traitement par ODC présente de nombreux avantages.Il est non invasif, moins douloureux, présente moins de complications par rapport aux injections, ne laisse pas de cicatrice, et n’a aucun potentiel risques d’infections ou de réactions allergiques.

 

Article original : Jin Oh Hong, MD, Joon Sang Park, MD, Dae Geun Jeon, MD, Wang Hyeon Yoon, MD, Jung Hyun Park, MD, PhD. Extracorporeal Shock Wave Therapy Versus Trigger Point Injection in the Treatment of Myofascial Pain Syndrome in the Quadratus Lumborum. Ann Rehabil Med. 2017 Aug; 41(4): 582–588

Entretien Dr. Jose Manuel Sanchez

 

Qu’est-ce qui vous a amené à créer et à développer la technique EPI ?

La technique EPI® est née de la nécessité d’améliorer les traitements de kinésithérapie existants pour les tendinopathies. En effet, les résultats étaient assez précaires. Au cours des années 90, je me suis consacré à l’étude des tendinopathies dans tous leurs domaines (anatomie, morphologie, physiopathologie, histologie) afin de créer un traitement plus efficace dans la résolution de ce type de pathologie. C’est alors qu’en 2000, j’ai réalisé les premières études avec la technique EPI®, avec d’excellents résultats dans le traitement des tendinopathies patellaires

Je les ai ensuite publiés dans la revue KSSTA. À partir de ce moment, j’ai consacré mon temps à améliorer les résultats de la technique EPI® en développant et en concevant un dispositif (EPI®-Alpha) qui me permettrait d’obtenir dans un seul appareil tous les effets biophysiologiques que je recherchais pour optimiser les résultats du traitement. Pas seulement des tendinopathies, mais aussi des lésions musculaires et ligamenteuses.

 

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la technique EPI et pour quelles pathologies est-elle indiquée?

L’Électrolyse Percutanée Intratissulaire ou mieux connue sous le nom de technique EPI® a été créée par moi même (Docteur Jose Manuel Sanchez, kinésithérapeute) et elle consiste à l’application d’un courant continu (CC) fourni à travers le dispositif EPI®-Alpha et appliqué à l’aide d’une aiguille d’acupuncture dans le tendon tendinophatique de manière guidée par échographie.

Cette technique produira une diminution des cytokines pro-inflammatoires et conséquenment une diminution de la douleur, mais aussi une augmentation des cytokines pro-régénératives activant les mécanismes de régénération du tendon.

De nombreuses études de notre groupe de recherche et de groupes indépendants démontrent la grande efficacité de la technique EPI® dans le traitement des tendinopathies et des lésions musculaires. Au cours de l’année dernière, nous avons apporté des modifications très importantes à la technique EPI®.

Notamment l’intégration de la neurostimulation offrant un effet plus analgésique pendant et après le traitement.

La technique EPI® est indiquée dans les pathologies des tissus mous, principalement les tendinopathies, les lésions musculaires et les lésions ligamentaires.

 

Quels sont les avantages de la technique EPI par rapport aux autres traitements des tendinopathies (kinésithérapie conventionelle, infiltrations, etc.)?

La technique EPI® nous permet de traiter la région spécifique du tendon ou du muscle affecté par voie percutanée mini-invasive, sous guidage échographique.

On stimule ainsi les mécanismes de régénération du tissu affecté, en réduisant l’inflammation persistante des tendinopathies, et même temps elle nous permet de réduire la douleur en appliquant simultanément la neurostimulation percutanée.

En resumé elle nous permet de rétablir l’homéostasie et les mécanismes immunobiologiques pour obtenir une meilleure réparation / régénération du tissu lésé, réduisant ainsi les cicatrices fibrotiques comme dans le cas de lésions musculaires.

Par rapport aux autres techniques de kinésithérapie, la technique EPI® a prouvé être plus efficace dans le traitement des tendinopathies en réduisant le temps de reprise sportive.

 

Quelles sont les conditions nécessaires pour que cette technique soit appliquée par un kinésithérapeute de manière efficace et sûre?

Pour appliquer la technique EPI® écho-guidée, une formation solide et riche en connaissance est nécessaire pour acquérir les compétences de base permettant de traiter tous les types de tendinopathies et de lésions musculaires.

Au cours de cette formation, le kinésithérapeute doit être en mesure de connaître les bases de la technique EPI® et son application correcte.

À cette fin, il est familiarisé avec la méthodologie, la physiopathologie des tissus mous, les caractéristiques cliniques et échographiques des différents tissus ainsi que les doses appliquées à chaque type de blessure.

Il est nécessaire d’avoir une connaissance approfondie de l’anatomie et une maîtrise du processus de raisonnement clinique. Pour diminuer tout risque lié a la technique EPI®, toutes les approches sont réalisées sous guide échographique, ce qui permet de visualiser à tout moment l’aiguille et les structures à traiter.

Efficacité du dry needling chez les patients atteints de troubles temporo-mandibulaires myofasiaux lies au muscle masseter

 

INTRODUCTION

Selon l’American Academy of Orofacial Pain, les Troubles Temporo-Mandibulaires (TMD) sont un groupe de troubles musculo-squelettiques impliquant les muscles masticateurs, l’articulation temporo-mandibulaire et les structures associées et présentant des symptômes tels que douleur, craquements et restriction de l’ouverture buccale.

L’étiologie des TMD est multifactorielle et peut être associé à des facteurs biologiques, environnementaux, sociaux, émotionnels et cognitifs.

Selon les critères de diagnostic basés sur la recherche, les TMD sont classés en trois groupes :

  Le groupe I comprend le Trouble Temporo-Mandibulaire Myofascial (MTMD);

  Le groupe II implique le déplacement du disque;

  et le groupe III comprend d’autres TMD, telles que l’arthralgie, l’arthrose et l’arthrite.

Le MTMD est lié aux muscles masticateur, par exemple le masséter, temporal, ptérygoïdien latéral et ptérygoïdien médial.

Le masséter et le temporal sont les muscles les plus souvent associés au MTMD.

Plus spécifiquement les Trigger Points du masséter provoquent une douleur référée à la mâchoire, à l’oreille et aux dents.

Une méta-analyse sur l’épidémiologie des TMD chez 3463 sujets a révélé que près de la moitié des patients (45,3%) présentent des douleurs associées au MTMD.

La prise en charge des patients atteints de TMD doit avoir pour objectif de réduire ou d’éliminer la douleur, de rétablir la fonction de la mâchoire, de réduire le besoin de soins et rétablir une bonne hygiène de vie.

OBJECTIF
  • Évaluer l’efficacité du Dry Needling Profond (DDN) et Superficiel (SDN) pour le traitement du MTMD liée au muscle masséter.

 

METHODES

Participants

40 patients hommes et femmes âgés de 18 à 65 ans ont été inclus dans cette étude.

Cette étude incluait des patients du groupe I avec le MTMD lié au muscle masséter.

Les sujets ont été exclus s’ils présentaient une ou plusieurs des conditions suivantes :

  TMD du groupe II; Groupe III ou autres TMD;

  MTMD du groupe I d’une durée inférieure à 3 mois;

  ouverture buccale inférieure à 20 mm; grossesse;

  et des troubles du système nerveux central.

 

Protocole

La présence de MTMD dans le masséter a été confirmée par une zone de tension musculaire palpable ou bien un nodule hypersensible dans le masséter selon les critères diagnostiques suggérés par Travell et Simons.

Les 40 patients ont été attribués de manière aléatoire au groupe SDN (n = 20) et au groupe DDN (n = 20).

Les 2 groupes ont reçu un traitement par semaine de Dry Needling durant 3 semaines.

Une aiguille de 25 x 0,25mm a été introduite de 10mm dans le muscle dans le groupe DDN (Fig. 3) et de 5mm dans le groupe SDN (Fig. 2).

La durée totale des traitements a été de 20 minutes.




Évaluation

Un bilan a été réalisé avant le traitement, à la troisième et à la sixième semaine après le traitement.

  • Evaluation par échelle visuelle analogique (EVA).
  • Evaluation du seuil de douleur à la pression (PPT) à l’aide d’un algomètre (Fig. 1).
  • Evaluation de l’ouverture buccale.

 

 

RESULTATS
  • L’évaluation du PPT dans les deux groupes aux troisième et sixième semaines étaient statistiquement meilleures que les valeurs initiales dans les deux groupes.
  • Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative entre les valeurs obtenues à troisième et à la sixième semaine.
  • Les valeurs maximales d’ouverture buccale n’ont pas montré de différences significatives entre la troisième et sixième semaine.
  • Par rapport au score EVA le groupe de SDN avait tendance à donner de meilleurs résultats que le groupe DDN.

CONCLUSION

La réduction de la douleur, de l’EVA et du PPT, a été significativement plus important chez les patients recevant un traitement SDN pour un MTMD lié au masséter comparé au traitement par DDN.

Aucun effet indésirable n’a été observé concernant la technique de Dry Needling.

 

Article original : Özden MC PhD, Atalay B DDS, MSc, PhD, Özden AV DDS, PhD, Çankaya AB DDS, PhD, Kolay E PhD, Yıldırım S DDS, PhD. Efficacy of dry needling in patients with myofascial temporomandibular disorders related to the masseter muscle. Cranio. 2018 Oct 9:1-7.

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